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 Villes et campagnes dans l'économie de la Grèce antique Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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basileus
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MessageSujet: Villes et campagnes dans l'économie de la Grèce antique   Jeu 18 Déc 2008 - 18:38

Voici le sujet donné à l'ULCO ce matin: Villes et campagnes dans l'économie de la Grèce antique

3 documents:
- un extrait de Politique d'Aristote
- une carte de Thasos
- un texte de Hèrakleidès décrivant la cité d'Anthédon
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icare




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MessageSujet: Re: Villes et campagnes dans l'économie de la Grèce antique   Jeu 18 Déc 2008 - 19:05

Pas évident...
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jcvd



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MessageSujet: Re: Villes et campagnes dans l'économie de la Grèce antique   Jeu 18 Déc 2008 - 21:03

en fait c'est un sujet très vaste, et il était difficile de classer tout ce qu'on savait...je donne toujours un aperçu de ce que j'ai fait, c'est plutôt classique en fait.
Problématique : En quoi consistent les liens économiques entre les villes et les campagnes ? Y a t-il domination ou complémentarité ?
I/ Les campagnes : lieux de la production nourricière.
1) l'oikos producteur de surplus.
2) l'acheminement difficile des biens vers la cité.
3) l'arrivée en ville et la revente sur l'agora.
II/ Les cités comme espaces d'impulsion de l'économie.
1) la cité exploite les mines : production d'argent.
2) l'économie monétarisée transforme peu à peu l'économie de l'oikos, apparition d'exploitations destinées au commerce.
III/ Domination ou complémentarité : le problème de l'autarcie.
1) les campagnes environnantes suffisent-elles à la cité ?
2) les cités environnantes suffisent-elles à la campagne ?
3) des liens de complémentarité : une campagne comme partie intégrante de la cité.
Conclusion : je souligne le fait que la problématique des villes, des campagnes et de l'économie tend à être plus floue qu'aujourd'hui du fait de la différence des définitions.
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Francis




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MessageSujet: Re: Villes et campagnes dans l'économie de la Grèce antique   Ven 19 Déc 2008 - 1:31

Ok moi j'ai fait ça:
Comment les campagnes approvisionnent elles les villes, comment les campagnes dependent elles aussi des villes?

I Villes et campagnes: generalités
1 Asty et chora, + protection du territoire
2 Les atouts de sa campagne pour une ville
3 La question de la terre (propriété foncière,...)

II Les campagne: nourrir les villes?

1 Aspects psychologiques et question de l'autarcie de l'oikos
2 Les productions rurales
3 Les acteurs de la production rurale

III Des campagnes qui dependent des villes?
1 Des besoins croissants de s'integrer aux echanges pour les ruraux
2 L'apparition des grands domaines de plus en plus integrés aux marchés urbains et à l'exportation
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jcvd



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MessageSujet: Re: Villes et campagnes dans l'économie de la Grèce antique   Mer 21 Jan 2009 - 0:19

bon ben...7 pale . Juste bon pour l'admissibilité mais quand même, je m'attendais à mieux !
Surtout qu'un seul véritable reproche a été fait sur ma copie : de confondre ville et cité. Un piège ? Pourtant j'ai regardé une autre copie où le mot cité était utilisé, sans pour autant que ça soit reproché. Et tous les historiens de l'antiquité ne parlent-ils pas de cités à tout bout de champ ? Mais bon, ça tiendrait si je n'avais pas mis en relation la ville et la cité...ce que j'ai pourtant fait Evil or Very Mad !
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MessageSujet: Re: Villes et campagnes dans l'économie de la Grèce antique   Mer 21 Jan 2009 - 0:46

Attention. La "ville", c'est l'asty.
La cité, c'est vachement plus large.
Cité = asty + chôra + eschatai (ville + "campagne" + confins)
Une cité, ce n'est pas une ville. C'est une ville associée à un territoire/plat-pays alentour. Et de fait il y a effectivement un défaut dans ta 3e partie, quand tu parles des campagnes environnantes d'une cité... Or, de façon caricaturale on peut dire que la campagne est DANS la cité, et non autour.
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basileus
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MessageSujet: Re: Villes et campagnes dans l'économie de la Grèce antique   Mer 21 Jan 2009 - 1:12

Ah?!! Les notes ont été rendues?? Aïe aïe aïe....
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Mutsu




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MessageSujet: Re: Villes et campagnes dans l'économie de la Grèce antique   Mer 21 Jan 2009 - 9:20

jcvd a écrit:
bon ben...7 pale . Juste bon pour l'admissibilité mais quand même, je m'attendais à mieux !
Surtout qu'un seul véritable reproche a été fait sur ma copie : de confondre ville et cité. Un piège ? Pourtant j'ai regardé une autre copie où le mot cité était utilisé, sans pour autant que ça soit reproché. Et tous les historiens de l'antiquité ne parlent-ils pas de cités à tout bout de champ ? Mais bon, ça tiendrait si je n'avais pas mis en relation la ville et la cité...ce que j'ai pourtant fait Evil or Very Mad !

Au passage, normalement la définition des termes du sujet est la base de l'exercice. Une mauvaise définition des termes du sujet est c'est le HS. Or HS, ça ne vaut pas 7 au concours...
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doudou38
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MessageSujet: Re: Villes et campagnes dans l'économie de la Grèce antique   Mer 21 Jan 2009 - 15:12

Non ça veut dire 02... Désolé de rajouter ça ici, mais j'ai eu 02 en géo l'année dernière et selon mes prof' c'est parce que j'ai fait un hors sujet (bien que j'ai terminé dans les temps et avec la carte)...
Finalement ça reste aléatoire....
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icare




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MessageSujet: Re: Villes et campagnes dans l'économie de la Grèce antique   Mer 21 Jan 2009 - 15:45

Vous avez eu un corrigé sur ce sujet ?
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MessageSujet: Re: Villes et campagnes dans l'économie de la Grèce antique   Mer 21 Jan 2009 - 15:55

Historien a écrit:
Attention. La "ville", c'est l'asty.
La cité, c'est vachement plus large.
Cité = asty + chôra + eschatai (ville + "campagne" + confins)
Une cité, ce n'est pas une ville. C'est une ville associée à un territoire/plat-pays alentour. Et de fait il y a effectivement un défaut dans ta 3e partie, quand tu parles des campagnes environnantes d'une cité... Or, de façon caricaturale on peut dire que la campagne est DANS la cité, et non autour.
Ben oui, c'est exactement ce que j'ai mis : asty + chora font une cité. Mais il m'a écrit que non, c'est bien là le problème. J'ai d'ailleurs conclu comme toi, mais sans succès. Les campagnes environnantes, oui c'est vrai que c'était ambigü mais ça ne remettait pas en cause mon plan.
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MessageSujet: Re: Villes et campagnes dans l'économie de la Grèce antique   Mer 21 Jan 2009 - 15:57

icare a écrit:
Vous avez eu un corrigé sur ce sujet ?
Oui mais je n'étais pas là quand il l'a fait en classe. Peut-être que Basileus peut le poster.
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MessageSujet: Re: Villes et campagnes dans l'économie de la Grèce antique   Mer 21 Jan 2009 - 16:02

Le sujet est intéressant, donc au risque d'être lours c'est cool si vous avez des éléments de corrigé.

Jcvd ton plan avait l'air pas mal, pas hors-sujet à mon avis. Après tu t'es maybe mal exprimé qaund tu as défini les termes...
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MessageSujet: Re: Villes et campagnes dans l'économie de la Grèce antique   Mer 21 Jan 2009 - 16:11

c'est possible, mais dans ce cas là pourquoi ne m'en a t-il pas parlé dans mon intro ? Enfin maintenant que je cerne un peu mieux le problème, c'est fait. Pour la correction, je vais demander à quelqu'un de ma classe parmi les nouveaux, je le posterai dès que possible.
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MessageSujet: Re: Villes et campagnes dans l'économie de la Grèce antique   Mer 21 Jan 2009 - 19:52

Le mieux c est que tu ailles demander à ton prof directement. C est vrai que si tu l as bien défini, il n'y a pas de problème
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MessageSujet: Re: Villes et campagnes dans l'économie de la Grèce antique   Jeu 22 Jan 2009 - 20:43

en fait, je pense que le problème vient du fait que j'ai un peu joué avec la définition : je parlais d'abord de la cité en tant que communauté de citoyens vivant dans la ville et ce n'est que vers la fin que j'ai expliqué que la chora, la campagne, faisait partie de la cité : et donc que pour les grecs il n'y avait pas de véritable opposition entre la ville et la campagne car la cité forme un tout...
Mais j'ai dû employer le terme de cité un peu abusivement aussi. J'ai pris un risque, reste à savoir pourquoi il n'a pas vu que j'avais défini.
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MessageSujet: Re: Villes et campagnes dans l'économie de la Grèce antique   Sam 14 Fév 2009 - 16:46

est ce qu'on ne pourrait pas intégrer le rapport de la ville sur les campagnes alentours qui ne lui appartiennent pas? c'est à dire l'économie de prédation, le droit de pature collectif...?
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MessageSujet: Re: Villes et campagnes dans l'économie de la Grèce antique   Ven 6 Mar 2009 - 20:34

personne?
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MessageSujet: Re: Villes et campagnes dans l'économie de la Grèce antique   Sam 7 Mar 2009 - 0:58

Le sujet est tombé au concours blanc d'agreg de Paris IV. La correction a lieu dans 10jours, si quelqu'un est intéressé je la mettrai sur le site. Des amateurs ?
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MessageSujet: Re: Villes et campagnes dans l'économie de la Grèce antique   Sam 7 Mar 2009 - 1:05

Ben oui, même si c'est dans 10 jours ça pourra toujours servir pour l'oral ou pour les agrégatifs à la fin du mois. Tout est bon à prendre!
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MessageSujet: Re: Villes et campagnes dans l'économie de la Grèce antique   Mar 17 Mar 2009 - 19:48

Voici le plan corrigé :

I- La ville et sa campagne : un monde de citoyens propriétaires ruraux résidant en ville.

A) La question du peuplement rural : des villes ou des villages qui structurent les campagnes
B) La terre fonde une citoyenneté exercée par des urbains, désireux de protéger leur chôra
C) Le monde plein de l’époque classique : des paysages agraires fortement anthropisés.


II- La ville centre de consommation, mais aussi de commercialisation, de redistribution, de stockage et de transformation des produits ruraux, posant le rapport des campagnes à l’argent.

A) La ville (consommatrice) subsiste grâce aux productions de sa campagne
B) La ville centre de commercialisation et de redistribution, de stockage et de transformation des produits ruraux.
C) L’intégration des campagnes aux échanges monétaires grâce à la ville

III) Les ruptures de centralité et les évolutions vers certaines formes de polycentralité

A) La guerre (et les hégémonies), facteur de perturbation entre la ville et sa campagne
B) Des campagnes qui échappent à leur ville ?
C) Un tableau contrasté des relations villes-campagnes sur le temps long : l’enseignement des surveys

et voilà !
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MessageSujet: Re: Villes et campagnes dans l'économie de la Grèce antique   Mar 17 Mar 2009 - 21:13

merci, mais cela doit être assez dure de compléter les partis...notamment le grand I.
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MessageSujet: Re: Villes et campagnes dans l'économie de la Grèce antique   Mar 17 Mar 2009 - 21:21

I- La ville et sa campagne : un monde de citoyens propriétaires ruraux résidant en ville.

A) La question du peuplement rural : des villes ou des villages qui structurent les campagnes

La question que l'on s'est posée dans les années 70 et qui explique en partie les surveys est la suivante : où habitaient les paysans Grecs ? Trois solutions : en ville, dans des villages, dans des fermes dispersées.

Première hypothèse : en ville.
C'est une solution réelle : les villes méditerranéennes ont souvent été des villes de paysans..
L'opposition entre villes et campagnes est une opposition moins marquée qu'on ne l'a dit.
Les sources littéraires mentionnent clairement cette solution.
Dans les petites cités, l'asty n'était qu'un gros bourg et la chôra n'était pas suffisamment vaste pour que même ses champs les plus éloignés ne puissent pas être exploitées par des paysans résidant en ville.
- Xénophon, dans l'Économique, au IVe s., montre un gros propriétaire, Ischomaque, comme habitant en ville et se rendant le matin sur son domaine agricole pour en diriger l'exploitation.
- Plutarque, dans sa vie de Philopoimen, un homme politique péloponnésien du IIe s. av. J.-C., trace un tableau semblable. Philopoimen habitait dans la ville de Mégalopolis et se rendait chaque matin dans son domaine campagnard, à 20 stades de là pour en surveiller l'exploitation.
Dans les grandes cités, seuls les exploitants de domaines proches de la ville pouvaient adopter cette solution : c’est sans doute pour cela aussi que les exploitations proches des villes étaient plus valorisées.

Mais lorsque la ville était plus grande, il fallait bien supposer l'existence d'un habitat rural.
Cet habitat rural peut prendre la forme soit de villages, soit de fermes isolées.

Les sources littéraires montrent que ne nombreuses cités avaient des villages ruraux.
Village = kômè en grec. Parfois, il n'y avait qu'un ou deux villages. Cela dépend naturellement de la taille de la chora.
- Ainsi, la cité de Thespies en Béotie avait trois komai : Eutrésis, Kreusis et Ascra, dans une vallée un peu isolée du reste de la chôra.
- Le territoire d'Athènes devait comporter une centaine de villages, centres des dèmes ruraux.
- On peut ajouter que certains de kômai que l'on trouvait sur le territoire de certaines cités avaient parfois eux-mêmes été des cités auparavant. Fréquent dans les cas de synœcisme : ainsi, cité de Mégalopolis en Arcadie fondée par synœcisme dans les années après Leuctres (vraisemblablement en 368/7) : les anciennes cités arcadiennes plus ou moins forcées de participer au synœcisme ne disparurent pas toutes ; certaines subsistèrent en tant que villages.
L'existence de villages ne fait donc pas de doute même si ceux-ci sont encore mal connus.

Partant de là, certains historiens ont affirmé que l'habitat groupé dominait.
Car les points d'eau sont rares en Grèce et les gens ont tendance à se regrouper autour d'eux et parce que les paysans cultivent des parcelles très dispersées et n'ont pas intérêt à s'installer sur l'une plutôt que sur l'autre.
Ces mêmes savants considéraient alors la question comme tranchée dans la mesure où, selon un mode de pensée venant d'Europe océanique, l'habitat groupé aurait exclu l'habitat dispersé.
Telle était par exemple la position de Robin Osborne qui avait écrit l’une des premières synthèses sur les campagnes grecques.

L’archéologie a cependant depuis montré qu’il y avait bien des fermes isolées dans les campagnes.
En grec, on les appelait aulai, mot qui signifie au départ “cour”, ou épaulia
Les sources épigraphiques en mentionnent régulièrement et l'on va voir plus trad que les archéologues ont commencé à fouiller certaines n'entre elles.
L'opposition habitat groupé / habitat dispersé n'a pas de sens dans le monde méditerranéen.
Dans des régions comme l'Attique ou la Béotie, on a des kômai et des fermes isolées.
Villages et fermes correspondent à des données sociales et économiques.
Il semblerait que les petits paysans préféraient vivre dans des kômai.
Les fermes isolées connues semblent plutôt être liées à de grands domaines d'un seul tenant et appartenant à de grands propriétaires qui ne résidaient pas forcément à la campagne.

B) La terre fonde une citoyenneté exercée par des urbains, désireux de protéger leur chôra

Prenons deux cas particuliers, à l’époque classique.

Cas d’Athènes, étudié par Mogens Hanson : au IVe siècle, 300 à 350.000 hab., dont 60% d’urbains (la ville + le Pirée)
- L’enktésis gès kai oikia, privilège partagé par les seuls citoyens (accordé à de très rares exceptions à des métèques, en récompense de services rendus à la cité).
- il existe des citoyens « campagnards » : dans les 139 dèmes, mais ces dèmes avaient pour certains la taille de centres urbains de petites cités (EX : Acharnes est un très gros dème)
- certes, une population citoyenne qui a bougé depuis les réformes de Clisthène (chaque citoyen doit s’inscrire sur les listes de son dème et son « état civil » est composé de nom+ patronyme + démotique) : l’espace urbain concentre des citoyens dont le dème d’inscription est dans l’Attique (cf. stèles funéraires). Ceci dit, toute étude démographique sérieuse s’avère être impossible compte tenu des lacunes des sources…parler d’exode rural reste du domaine de l’hypothèse.
- néanmoins, il existe toujours des autourgoi, petits exploitants citoyens, habitants des dèmes, qui cultivent eux-mêmes leur champ, souvent aidés d’un ou deux esclaves : pas très finauds, donc comiques (Aristophane) ou pingres, car pas très riches (Ménandre).
- il y a aussi des propriétaires de bien fonds ruraux, qui résident en villes. Les plus riches font exploiter leur domaine par des esclaves surveillés par des intendants, EX : stèle des Hérmocopides (415-413) dresse l’inventaire des propriétés de l’entourage d’Alcibiade. Elles y apparaissent disséminées en Attique (mais aussi dans l’empire athénien, comme à Thasos)
- Au moment de la restauration de la démocratie, en 403, Phormisios propose de réserver les droits civiques aux seuls propriétaires fonciers ; la proposition est rejetée, mais si elle avait été acceptée, elle aurait abouti à priver de leurs droits 5000 citoyens. Ce chiffre, qui a été beaucoup discuté mais doit être au moins vraisemblable, sinon exact, correspond donc au nombre de citoyens sans terre à cette époque. Si l’on estime à environ 20 000 le nombre total de citoyens athéniens (cf. les pertes dues à la guerre du Pélop.), cela fait ¼ de la population civique — ce qui en laisse quand même ¾ qui sont propriétaires et exploitent un domaine, plus ou moins important.

Cas de Sparte : des dépendants ruraux (hilotes) soumis à des Homoioi qui tirent du kléros exploité par les hilotes le nécessaire pour participer au syssition, qui définit leur statut de citoyen : à la fin du Ve siècle, l’oliganthropie se comprend comme un phénomène davantage politique (concentration de terres) que démographique (pertes militaires).
EX : la révolte de Cinadon, en 397 (déjouée) : rapport de 1 à 100 entre les homoioi et le reste de la population (hypomeiones + hilotes)
Les Homoioi semblent habiter dans l’un des 5 villages qui composent le site, non fortifié, de la ville de Sparte, dans la vallée de l’Eurotas. Des Homoioi résidaient-ils en Messenie ?

La défense du territoire est l’un des objectifs principaux des citoyens, même si les modalités ont évolué durant la période.
- un aspect religieux du territoire civique, considéré comme un sanctuaire : le territoire des pères (« patrie ») que l’on défend les armes à la main (en Attique, mythe de l’autochtonie)… des sanctuaires ruraux et dans les confins, des tombes de héros, une divinisation des « des Bornes de la patrie, des Blés, des Orges, des Vignes, des Oliviers, des Figuiers » comme le proclame le serment que les éphèbes athéniens doivent prononcer au milieu du IVe siècle (stèle d’Acharnes). A la fin du IIe siècle, encore, les éphèbes patrouillent sur le territoire, et vont de sanctuaires en sanctuaires….
- une défense active fondée à partir du IVe siècle (au lendemain de la GP) sur des garnisons de citoyens et de mercenaires placées dans des forteresses pour surveiller le territoire. C’est la stratégie nouvelle (Y. Garlan, Recherches de poliorcétique grecque, 1974) qui fait suite à la stratégie ancienne de l’époque archaïque.
- à l’époque hellénistique, les stratèges athéniens doivent protéger le territoire de la cité athénienne (cf. G. Oliver)

C) Le monde plein de l’époque classique : des paysages agraires fortement anthropisés.

• Les surveys permettent de définir un monde plein à l’époque classique.

Dans les zones de plaine, comme en Thessalie ou en Béotie, ou bien au débouché de la vallée du Méandre en Asie Mineure, dans les multiples petits bassins intérieurs et plaine côtières, le sol paraît densément exploité et humanisé.

Les baux le montrent : Il y a les parcelles de terre nue, sans arbre (la terre psila), consacrées aux labours qui voisinent immédiatement les oliveraies et les vignobles. Quelquefois, ces parcelles sont séparées par des haies, des murets de pierres sèches ou des chemins ruraux qui forment un réseau très dense. Il y a aussi de nombreux petits sanctuaires et des tombeaux familiaux

L'image est donc celles de campagnes très anthropisées. On peut ainsi dire que le paysage reflète la polyculture grecque. Ces paysages sont donc généralement nus et plutôt secs.

• Cette pression humaine a entraîné des tentatives pour conquérir de nouveaux espaces.
- Les terres basses humides peuvent parfois prendre une grande ampleur, comme dans le delta du Méandre en Asie Mineure : elles sont consacrées au gros bétail souvent. Là le grand fleuve n'a pas cessé de déposer son limon, étendant la terre sur la mer, éloignant les villes comme Éphèse de la côte. On a aussi chercher à les drainer.
- Un contrat entre la cité eubéenne d'Érétrie et un certain Chairéphanès pour dessécher une zone marécageuse de sa plaine témoigne de ces efforts au IVe s.
- À la même époque, Alexandre le Grand a essayé de favoriser le drainage de la plaine occidentale Béotienne qui était occupée par un grand lac karstique capricieux, le lac Copaïs. Un Chalcidien, Cratès, en reçut la mission, mais la mort d’Alexandre empêcha ces travaux d’aboutir. Au bord du lac, on a installé des digues pour protéger certaines terres, creusé des canaux pour faciliter l'évacuation des eaux.

À chaque fois, ces entreprises paraissent avoir eu pour objectif de gagner de nouvelles terres agricoles.

Mais face à cela s'est aussi déroulée une conquête des coteaux par le biais des terrasses de culture.
- En Attique, dans les Cyclades, elles se sont multipliées.
- À Délos, les terrasses sont de deux largeurs différentes. Certaines, plus étroites, devaient être bien adaptées à l’arboriculture. D’autres plus larges permettaient le passage d’un couple de bovins attelés et devaient être plutôt tournés vers les céréales.

• Il est beaucoup plus difficile de se faire une idée des parcellaires 

Dans les théories philosophiques sur la cité idéale, on cherchait à créer des lots égaux : des klèroi appartenant à une famille. A cela, on ajoutait une parcelle en ville et un droit d'usage dans les eschatiai. C'est un système qui a été théorisé par des penseurs comme Platon, dans sa cité idéale des Magnètes (en Crète) telle qu'il l'invente dans Les Lois.
Dans la pratique ce système paraît surtout avoir été appliqué dans le monde colonial.

En Grèce, il n’a pu prendre une certaine réalité que lors de nouveaux découpages du parcellaire.
- Par exemple à Sparte, à l’époque hellénistique, entre 330 et 150 sous l’action d’un certain nombre de rois réformateurs.
- Un système semblable est connu pour la Thessalie hellénistique grâce à une inscription qui forme ce que l’on appelle le cadastre de Larissa. Ces inscriptions datent de la fin du IIIe s. a.C. et du début du siècle suivant. Mais on voit que le système qu’elle décrit est en cours d’évolution et que les kléroi des origines tendent à se fragmenter sous l’effet des processus de transmission des biens (héritages). On voit de propriétés formées de demi-kléroi, tandis que d'autres dépassent nettement la taille du kléros. Le cadastre régulier remonte sans doute déjà à plusieurs décennies, dans le courant du IIIe s. Il avait tenté d’imposer dans ce morceau de la plaine thessalienne des exploitations de taille égale, de forme régulière. Mais ces tentatives ne résistaient visiblement pas à la succession des générations : les lois grecques prévoyaient en effet un partage égal de la propriété du père entre ses enfants de sexe masculin.

Face à ces exploitations de taille respectable, il semble que les petites exploitations étaient formées de parcelles dispersées sur l’ensemble du finage.

L’image d’ensemble du parcellaire était donc une image de morcellement. Cela correspond assez bien à l’image d’une campagne exploitée depuis la ville ou des villages, dans un déplacement pendulaire quotidien.

• Les fermes grecques, un effet de la « colonisation intérieure » (P. Brun)

Pendant longtemps les archéologues ont peu fouillé de bâtiments agricoles. Ce n’est qu’à partir des années 1970 que ces fouilles ont commencé à prendre leur essor. On les trouve de préférence sur des hauteurs et des terrains incultivables pour ne pas gaspiller la terre agricole.
Les fermes connues semblent cependant toutes appartenir à des domaines déjà relativement étendues, d’au moins 4-5 ha. Elles sont d'un seul bloc et organisées autour d'une cour centrale (la pastas) bordée d'un portique à colonnes de bois. Les pièces ouvrent tous sur cette cour.
Cela n'a rien de bien original : les maisons urbaines grecques sont organisées de la même façon et cela montre l’influence de la ville sur la campagne.

Il est toujours difficile de préciser la fonction de chacune de ces pièces, comme dans les maisons urbaines. Certes, les inscriptions donnent divers noms à ces pièces : à Délos ou Mylasa, on parle de la pièce avec le pressoir à huile et celle avec le pressoir à raisin.
Si la spécialisation apparaît plus dans les textes que dans les vestiges archéologiques, c’est que les équipements qui déterminaient la fonction de telle ou telle pièce étaient souvent mobiles.
Seul le cellier (pithôn) apparaît comme caractéristique avec ses pithoi enfoncés dans la terre.
La présence d'un logement pour les maîtres n'est que rarement assurée.
L'existence d'une salle de banquet dans une ferme du Sud de l'Attique en est cependant un indice que le propriétaire –assez aisé — passait quelque fois du temps dans son domaine.
Mais l'absentéisme du maître de maison était en effet souvent de règle comme le montre l'Économique de Xénophon : son Ischomaque habite en ville ; seuls les esclaves et les intendants habitent dans la ferme.

Impression générale sur ces fermes : une grande précarité.
Cela facilitait certainement les attaques des brigands contre les fermes trop isolées, malgré la présence de chiens de garde. Cela explique que nombreuses fermes se soient dotées d'une tour (pyrgos) entièrement en pierre et permettant de dissuader d'éventuels assaillants. Souvent, la tour est le seul élément visible subsistant des fermes antiques ; mais elle est aussi mentionnée dans les inscriptions, comme à Rhénée.

Rem : le modèle cycladique et attique peut désormais être confronté à d’autres bâtiments : les fouilles faites en Macédoine pour la construction d’une autoroute entre Athènes et la frontière turque ont conduit à la découvertes de vastes fermes, plus luxueuses dans leur construction.
Elles se développent à partir du IVe s. et ne cessent de prendre de l’ampleur. Ces grandes fermes sont proches de celles que l’on rencontre dans le monde colonial, par exemple dans el Pont Euxin. Il est très probable qu’elles sont au centre des grandes exploitations de l’aristocratie macédonienne.
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MessageSujet: Re: Villes et campagnes dans l'économie de la Grèce antique   Mer 25 Mar 2009 - 20:16

Si tu pouvais mettre l'intro en plus ce serait génial
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MessageSujet: Re: Villes et campagnes dans l'économie de la Grèce antique   Aujourd'hui à 11:30

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